E-learning

L’edoing, la nouvelle solution miracle ?

Avant de lire cet article, prenez deux minutes pour répondre à cette question : quel est votre top 5 des plus grosses difficultés avec vos apprenants pendant ou après une formation ? 

Chez Digiforma, on peut parier sans se tromper que l’une de vos réponses concerne la rétention de l’information. À la fin d’une session, les stagiaires donnent l’impression d’avoir retenu la majorité de vos enseignements. Mais demandez-leur quelques semaines ou mois plus tard, et la réponse est toute différente. 

Quand certains développent quizz, session de rattrapage ou documentation de référence, d’autres parient sur l’action. 

Puisqu’apprendre, c’est bien, mais faire, c’est mieux, de nouveaux acteurs émergent dans le domaine de la formation avec une réponse quasi magique : l’edoing. 

Si vous n’en avez jamais entendu parler, on vous explique tout. Si vous connaissez déjà, vous êtes au courant de ses nombreux bienfaits. Mais avant de placer l’edoing en Graal, analysons sa technique, ce qui le rend innovant et ce qui relève du bon sens.

L’edoing, c’est quoi ?

Composé de petits défis à relever à la suite de la formation, l’edoing encourage la mise en pratique des apprentissages plusieurs semaines après la dernière séance. Sous forme de rappels ou de notifications, ces défis sont à relever individuellement ou en équipe. Ils collent à la formation et prolongent les cas pratiques. 

Selon Fifty, l’entreprise qui lance l’edoing en France, la pratique réunit trois ingrédients :

  • La recommandation de micro-actions (l’idée de départ) ;
  • La méthode d’accompagnement (encourager ou féliciter) ;
  • La mesure de ce qui a été accompli ou non. 

Une personne (le formateur) ou un algorithme envoient des signaux réguliers ou contextuels à l’apprenant pour qu’il mette en pratique ce qu’il vient d’acquérir. 

Maintenant que l’on comprend mieux le principe, on voit vite que l’edoing se rapproche du coaching. Qu’il soit personnel ou professionnel, le coaching repose sur des apprentissages (sur soi ou sur un métier) qu’il faut ensuite activer dans sa vie.

Certains coachs s’appuient sur les leviers qui ont inspiré l’edoing :

  • La recommandation de micro-actions = des défis SMART ;
  • La méthode d’accompagnement = des emails, les notifications de l’application, des sessions personnalisées ;
  • La mesure de ce qui a été accompli ou non = un carnet de bord avec des to do list qui se complètent.

À première vue, l’edoing mélange la formation présentielle ou distancielle et le coaching.

Prérequis n° 1 : commencer par une formation réussie

À lire également : Choisir sa méthode pédagogique en fonction du contenu de formation

Tous défis confondus, rien ne remplace une bonne formation. Celle-ci se base sur trois règles :

  • Les connaissances uniques, personnalisées et exploitables ;
  • La motivation des apprenants, qu’elle soit innée ou à développer ;
  • Les mises en situation qui permettent d’ancrer les connaissances.

Sans des connaissances inédites, vous perdez la motivation des apprenants. Sans mises en situation réelles, vous n’ancrez pas les connaissances. Sans motivation, vous n’obtenez pas de bonnes mises en situation.

À lire également : Comment mieux comprendre ses apprenants en e-learning ?

Dans votre cas, les trois règles sont bien respectées. Comment passer à l’edoing ?

Comment faire de l’edoing une technique gagnante ?

Quelques pratiques bien pensées assorties à une construction du parcours ad hoc jouent définitivement en votre faveur.

Les coups de pouce qui vous manquaient :

L’edoing repose sur la notion de nudge. Le nudge est considéré comme une petite motivation qui oriente une action. Pensez à une recette de cuisine ou à un GPS. Dans les deux cas, vous pouvez parfaitement suivre votre instinct. Mais l’un comme l’autre vous aideront à atteindre votre objectif de la manière la plus simple ou la plus sûre. La recette comme le GPS sont des nudges.

Ces coups de pouce rassemblent :

  • La planification de la tâche. Si la notification arrive sans prévenir, elle peut être vue comme intrusive et contre-productive ;
  • Le sens du défi. Un simple énoncé ne fait pas appel à notre esprit de compétition, il risque de louper son objectif. En ajoutant un peu de challenge, la microtâche semble plus attrayante ;
  • Le binôme. Le seul fait de présenter ses défis à une personne tierce nous motive à les réaliser. Comme en sport, le binôme peut faire des miracles ;
  • La mesure des résultats. Puisqu’il est impossible de connaître sa progression sans mesure, l’edoing inclut des éléments d’évaluation.

Cadrés, non intempestifs, clairs et mesurables, les nudges constituent la clé de voûte de l’edoing.

Les secrets pour un edoing réussi :

Un bon edoing n’est pas que la résultante d’une bonne préparation du côté du formateur. L’engagement que consent à avoir l’apprenant est essentiel. Secret n° 1 d’un bon edoing : le stagiaire est libre de participer. Comme pour la recette ou le GPS, il doit avoir la possibilité de ne pas se plier à la pratique et d’exercer librement ses nouvelles compétences. 

Les autres facteurs de réussite :

  • Les microactions sont opérationnables (petites et déclenchables rapidement) ;
  • Elles sont accessibles et ne demandent pas de préparation ou un contexte particulier ;
  • Elles utilisent les mêmes fonctionnalités qu’une notification ou qu’un rappel afin de s’afficher au bon moment pour l’apprenant.

Rapides, simples et pertinentes, les micro-actions les plus utiles donnent un sentiment de réussite immédiat. 

 

Sans dire que l’edoing révolutionne le monde de la formation, cette technique met le doigt sur un élément de friction important : la rétention de l’information. Serait-ce pour autant la solution pour résoudre à la fois le problème du faible ROI des formations pour les entreprises et du désengagement des formés ? Dans certains contextes, sûrement. Mais pas de partout, ni face à tout le monde.

Raphaele-champ-rédactrice

Diplômée d’un Master 2 en communication à Sciences Po Grenoble, je travaille essentiellement dans des domaines B2B. Après quelques expériences dans le web, je me suis spécialisée en création, optimisation et pilotage de contenus. J’évolue dans des domaines autour de la formation, des RH et du digital. Je m’intéresse particulièrement aux nouvelles méthodes d’enseignement et à la valeur ajoutée du numérique dans l’apprentissage.

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