La rentrée est là, il faut gérer les urgences, les modifications de dernière minute, continuer d’accompagner les candidats sans employeur, et dans le même temps, suivre les futures évolutions importantes qui vont rythmer les prochains mois. Financements, contrôles, qualité, effectifs, budget 2027… Pour vous aider à ne rien manquer, voici un petit récap de ce qu’il ne faudra pas rater dans les prochaines semaines.
1. Les nouveaux NPEC
C’est le sujet de la semaine. Dimanche 30 août, le décret avec les valeurs de carence est paru. Pour rappel, les valeurs de carence s’appliquent quand la certification n’a pas fait l’objet de position de la part de la CPNE de la branche. Environ 20% des couples certifications / branche sont concernés. Lundi 31 août, c’est le nouveau référentiel qui est apparu, avec une application pour tous les contrats signés à partir du 1er septembre. Il y a des hausses… des baisses. Il y a de fortes hausses… et de fortes baisses !
À surveiller : Même si le nouveau référentiel doit être fixe pour les trois prochaines années, plusieurs anomalies ont déjà été repérées. Il n’est pas impensable d’avoir un référentiel correctif rapidement.
Le conseil : C’est le moment de faire des calculs. L’objectif va être de définir les projets d’investissement, de renforcement et de fermeture des formations. Il faut aussi préparer les équipes de développement au nouveau discours commercial. Les employeurs risquent d’être un peu perdus.
Le nouveau référentiel : Référentiels et bases de données – France compétences
2. Les nouvelles COM des OPCO
Les conventions 2026-2028 vont contraindre davantage les moyens de fonctionnement des OPCO. Si certaines sont déjà signées, d’autres sont encore en discussion. En tant que CFA, l’impact n’est pas neutre.
À surveiller : les conséquences sur leurs politiques de financement, notamment pour la formation des maîtres d’apprentissage et les services proposés aux entreprises.
Le conseil : programmer un rendez-vous avec votre contact au sein de vos OPCO principaux pour collecter de l’information. Les OPCO sont en demande de ces échanges, ils doivent aussi défendre leur place dans le process apprentissage suite au dernier rapport de l’IGAS.
3. Le nouveau guide de lecture Qualiopi
Le référentiel a changé, on a gagné un indicateur au passage, mais une partie des réponses opérationnelles viendra du futur guide de lecture. Il précisera notamment les preuves attendues et la manière dont les nouvelles exigences seront appréciées en audit. Et ce n’est pas une mince affaire. Entre la posture délicate de l’auditeur (du contrôleur ?), l’appréciation des informations trompeuses, ou encore les preuves des nouveaux indicateurs, les sujets sont nombreux et attendus !
À surveiller : la page du ministère qui diffuse le nouveau guide de lecture, tout simplement. Attention, certains « consultants » présentent déjà des éléments tirés de confidences ou de bruits de couloir. Attendre la parution officielle semble plus efficace.
Le conseil : Identifier dès à présent les sujets qui interpellent le plus (satisfaction des apprenants par exemple) afin de gagner en réactivité au moment de la parution.
4. L’articulation des contrôles
OPCO, DREETS, certificateurs, Qualiopi, France compétences : les contrôles se renforcent et se coordonnent davantage. Pour les CFA, l’enjeu sera de disposer de données et de processus cohérents quel que soit l’acteur qui les examine. C’est rappelé dans Qualiopi, on le voit dans les derniers contrôles OPCO et MCPFA. Les contrôles ne sont plus du tout isolés.
À surveiller : les situations réelles des autres CFA. C’est le moment de discuter autour d’un café avec les autres partenaires de formation pour voir ce que chacun vit. Un contrôle OPCO, qui déclenche un contrôle de la MCPFA, et qui fait venir la DREETS. Ce n’est plus un coup de malchance, c’est la réalité.
Le conseil : rejoignez-nous pour le prochain café apprentissage, on en discute 😊
5. InserScore et la nouvelle cartographie de l’offre
Les pouvoirs publics veulent rendre plus visibles les débouchés des formations et mieux connaître l’offre disponible sur les territoires. Une évolution qui pourrait, à terme, renforcer la régulation de l’apprentissage par les résultats et les besoins économiques. Ces informations permettront d’ailleurs d’assurer que l’information transmise ne soit pas trompeuse, merci Qualiopi.
À surveiller : les modalités de calcul des indicateurs clés, comme les ruptures ou l’insertion, et l’ouverture des plateformes liées à Inserjeunes.
Le conseil : vous pouvez déjà prévoir sur votre site les explications de calcul et les données non confidentielles des ruptures et de l’insertion.
6. L’évolution du nombre d’apprentis
Après une première baisse en 2025, la rentrée 2026 sera décisive pour savoir si nous sommes face à un simple ajustement ou à un retournement plus durable. Il faudra surtout regarder où se concentre la baisse : niveaux, secteurs, territoires et tailles d’entreprises. Le discours auprès des employeurs en sera affecté, et les projections devront être ajustées. À noter que les nouveaux NPEC pourront aussi jouer un rôle, ainsi que la politique d’incitation, on en reparle dans le paragraphe suivant.
À surveiller : la page de la DARES dédiée aux politiques emploi : POEM. Et nos comptes sur les réseaux sociaux évidemment.
Le conseil : prévoir des moments d’échange avec les équipes pour partager les données et réfléchir à comment les présenter au mieux.
Synthèses et tableaux de bord des politiques de l’emploi de la DARES
7. PLF et PLFSS 2027
Enfin, et même si ce sera plutôt à l’automne qu’à la rentrée, les débats budgétaires pourraient une nouvelle fois modifier les règles du jeu. Deux sujets seront particulièrement sensibles : l’avenir des aides à l’embauche et le régime d’exonération de cotisations sociales des apprentis.
Pour les aides, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. La segmentation actée pour 2026 ne devrait pas se complexifier davantage, et tant mieux, mais les montants seront potentiellement revus à la baisse. Le ministre a annoncé qu’il devrait conserver son budget apprentissage, mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas le gouvernement qui décide seul de la loi de finances, modulo un éventuel 49.3.
Pour les cotisations en revanche, c’est plutôt mal parti. Après avoir été sauvé deux fois, le régime favorable aux apprentis est sûrement en train de vivre ses dernières heures. On sait en tout cas qu’il n’existe plus grand monde pour le défendre en haut lieu.
À surveiller : les débats commenceront dès le mois d’octobre, et s’éterniseront sûrement jusqu’en janvier. La proximité avec les présidentielles ajoute de l’huile sur le feu des négociations.
Le conseil : prendre du popcorn, et oublier que notre activité est directement impactée. Plus sérieusement, il faudra continuer le lobby auprès des parlementaires, afin que l’apprentissage continue d’être défendu dans l’hémicycle.
En résumé :
Les prochains mois seront moins ceux d’une nouvelle grande réforme que ceux de la mise en œuvre concrète des changements engagés depuis 2025. Pour les CFA, la fin d’année sera donc surtout une période d’anticipation et de préparation de 2027.