E-learning

Mon parcours du combattant pour trouver ma formation

Cette semaine, l’équipe de Digiformag vous propose de lire le témoignage de Jérôme Leroux, un ex salarié qui, après avoir quitté son précédent emploi, a longuement cherché la formation de ses rêves pour devenir freelance ! Un récit réaliste au ton humoristique qui embarque son lecteur dans le monde fascinant et complexe de la formation professionnelle en France et le plonge dans les coulisses d’une bureaucratie inapte à accompagner les actifs dans leur parcours professionnel. 

Finie la prison dorée et à moi la liberté ! Après une douloureuse expérience du salariat, quoi de plus motivant que de devenir son propre patron et de travailler où on veut et quand on veut ?

C’est génial de se mettre à son compte, de rêver de liberté et de voyages… mais, il va bien falloir les trouver mes clients ! Et pour cela, il est important de bien me positionner sur le marché. Les profils trop généralistes n’ont plus trop le vent en poupe. L’enjeu est donc de me spécialiser, tout en m’adaptant aux réalités du marché pour  faire décoller mon activité de freelance.

Et le problème lorsqu’on travaille dans de grandes entreprises, c’est qu’on a tendance à collaborer avec une multitude de prestataires qui réalisent une part importante de nos missions. Le nombre de tâches nous incombant s’en trouve restreint avec le risque de perdre confiance en ses capacités. La formation est donc pour moi un élément absolument essentiel à la fois pour me remettre à niveau mais également pour disposer des compétences nécessaires afin de demeurer expert dans un domaine donné,  alors même que nous vivons dans un monde digital en perpétuelle évolution.

Mais comment trouver une formation adaptée, voire pointue, au meilleur prix ?

La « jungle » du CPF

Facile, il y a le compte personnel de formation qui est fait pour ça, non ? Cela fait plusieurs années que des heures se cumulent sans que j’en profite. Je vais donc enfin pouvoir m’offrir la formation de mes rêves et renforcer mes compétences dans le domaine qui m’intéresse.

De plus, il  existe un site internet qui détaille toutes mes heures cumulées et qui me donne accès à un catalogue de formation. Je préfèrerais commencer cette démarche en m’appuyant sur mes besoins plutôt que de devoir choisir un produit, mais bon essayons…

A peine après avoir effectué quelques minutes de recherches, c’est la déception ! Le catalogue est assez vide, il ne semble pas adapté aux freelances souhaitant renforcer leurs compétences dans de nouveaux domaines. Allez, j’ai bien trouvé une formation généraliste financée qui explique comment créer sa microentreprise, mais il ne faut rien en attendre de plus à priori.

Le gouvernement vient d’ailleurs d’annoncer une réforme du compte personnel formation qui ne sera plus crédité en heures, mais en euros. Très honnêtement, je n’en attends pas grand-chose, mais je me convainc de guetter les nouvelles formations finançables.


L’Aide individuelle à la Formation (AIF)

Je me résous à aller voir mon conseiller Pôle Emploi, il est quand même là pour m’aider, non ? J’obtiens un rendez-vous assez rapidement, j’ai bien sûr pris soin de soigneusement préparer mon argumentaire pour valoriser mon besoin de formation.

Il me reparle du CPF, mais je lui rétorque assez prestement que ce dispositif n’est pas adapté. Il vérifie tout de même et finit effectivement par ne rien trouver. Je commence déjà à somnoler sur ma chaise et me demande ce que je fais là.

J’ose lui demander « mais l’AIF ne pourrait-elle pas m’aider dans mon projet ? ». Et le voilà qu’il se lance dans un long monologue m’expliquant de manière détaillée le processus de constitution et de validation du dossier. « Ah d’accord en fait je dois me débrouiller pour trouver une formation, puis il y a un processus de sélection… »

Certes, je suis prêt à patienter plusieurs mois, à tenter plusieurs fois ma chance et à faire preuve de rigueur sur tout ce qui concerne la gestion administrative. J’ai peut-être une chance ! En réalité, je n’ai guère de patience et souhaite me lancer tout de suite dans mon projet !

Je le remercie poliment et je mets fin à l’entretien afin de ne pas perdre davantage de temps. Bizarrement, je me sens presque soulagé de me dire que je ne vais pouvoir compter que sur moi-même.


Une formation en ligne faite par un blogueur

Étant moi-même blogueur sur un sujet qui me passionne, je me tourne naturellement vers ce que proposent mes homologues. On peut y passer ses journées à consulter du contenu gratuit sur des blogs de qualité. Les contenus gratuits pullulent sur la toile, mais d’autres ne sont accessibles que moyennement quelques euros. Si tel est notre choix, on trouve évidemment de nombreuses formations en webmarketing dont certaines s’intitulent en toute modestie « comment gagner 100 000 euros avec son site en travaillant 10 heures par semaine ».Je caricature volontairement le trait. Mais il existe des formations très sérieuses et d’autres beaucoup moins. Ces dernières restent faciles à identifier.

J’ai tout de même passé assez d’heures sur des blogs à consulter des contenus gratuits et à laisser mon adresse email afin d’obtenir des supers livres blancs et des vidéos premium. De toute façon, j’ai un peu de mal à comprendre le tarif d’une formation en ligne « packagée » dont le suivi sera réduit au strict minimum. Certes, le prix sera moins cher que celui d’une formation sur-mesure, mais je doute qu’elle puisse être totalement adaptée à ma problématique.
Allez je passe mon chemin…

L’e-learning, un incontournable

La vraie tendance du moment, c’est le e-learning. Et qui dit tendance, dit le fait que de nombreux acteurs se positionnant sur ce secteur dont les plus célèbres ne sont autres que  : Live Mentor, Udemy, Open class room,… À première vue, ces formations se prêtent bien au domaine du marketing digital et traitent de problématiques pratiques.

Chez Open Class Room par exemple, il est possible d’apprendre un nouveau métier en partant de zéro. C’est le cas de la formation de community manager, mais cette dernière dure 1 an ! Ce n’est pas ce que je recherche. Ne nous dispersons pas et restons concentrés sur le besoin de renforcer mes compétences et non de suivre une formation longue durée avec un diplôme à la clé.

Pour se former à l’utilisation d’un outil précis (Photoshop), il n’y a aucun doute sur le fait que les formations courtes et « toutes faites » telles que Udemy semblent parfaitement adaptées et à moindre coût.

Live Mentor propose une formation intitulée « devenir un freelance qui cartonne » avec un rythme qui semble me convenir tout en assurant un minimum de suivi. Les frais s’élèvent tout de même à 900 euros, mais, pourquoi pas ? Outre la formation en accéléré, cela me permet d’être intégré à une communauté grâce un groupe Facebook privé. En outre, un suivi est mis en place par un mentor. Vive le social learning, on se sent un peu moins seul !

Les formats gratuits, que l’on peut considérer comme des produits d’appels, sont excellents moyens pour découvrir un domaine. Il sera ensuite possible d’investir dans une formation afin d’approfondir ses connaissances sur un sujet précis. J’en davantage convaincu suite à la consultation de nombreux cours gratuits. Mais je ne suis toujours pas prêt à sortir ma carte bleue. J’ai peur que ce soit trop long, trop basique et pas assez personnalisé.

Même s’il y a un minimum de suivi, cela m’inquiète un peu de ne pas avoir de lien privilégié avec le formateur. Avec ma vie de famille, j’ai réellement besoin d’optimiser mon temps et de me former le plus rapidement possible.

Une formation courte et en présentiel pour approfondir mes connaissances ?

Finalement, je préfère m’orienter vers des formations en présentiel proposées par les grands organismes (Cégos, Orsys, Optédif,…). Certes, ce n’est pas finançable, mais il faut bien choisir un organisme de formation. De plus, j’ai rarement été déçu par ce type de formation lors de ma précédente vie professionnelle.

On optimise assez bien son temps et on peut effectuer des travaux pratiques. Et on noue souvent des relations pérennes (rien ne vaut la vraie rencontre « physique »). De plus, cela permet de développer son réseau professionnel !

Mais le problème de ces formations courtes… c’est qu’elles sont justement un peu trop courtes ! Suite à une formation, j’ai souvent l’envie d’approfondir certains points et d’en discuter avec le formateur sans avoir à nouveau à me déplacer et à replanifier une formation.

E-learning ou présentiel, faut-il choisir ?

Allez encore un effort, j’y suis presque ! Je souhaite suivre une formation pointue tout en bénéficiant d’une certaine flexibilité et d’un suivi personnalisé. Je ne me déplacerai que lorsque cela sera nécessaire pour réaliser des exercices par exemple. Pour le reste, un module à distance suffira. Mais il faut tout de même qu’il y ait un minimum de suivi afin que je puisse échanger à distance tout au long de mon projet de formation !

Je dormirai moins bête ce soir, car cela a un nom : le « . blended-learning  ». De nombreux organismes de formation semblent avoir désormais cette approche, je devrais enfin trouver mon bonheur !

L’équipe de Digiformag décrypte toute l’actualité de la formation professionnelle et analyse toutes les nouvelles tendance en e-learning afin d’apporter à ses lecteurs un nouvel éclairage sur ces sujets.

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