Formation professionnelle

Formation et écoresponsabilité : comment s’en rapprocher ?

À l’heure du 5e rapport du GIEC sur les changements climatiques, du mouvement #ilestencoretemps, on peut se poser la question de notre impact à titre personnel, mais aussi professionnel.

À titre personnel, je progresse, je tri, achète en VRAC, me déplace en vélo ou en transports en commun. À titre professionnel, je m’interroge, je n’ai pas encore trouvé toutes les solutions… Ma réflexion se base sur les formations en présentiel, la problématique est bien différente en e-learning.

Commençons par le transport 

Une session de formation, c’est un formateur et des stagiaires qui se réunissent dans une salle, qui déjeunent, font des pauses café, le tout pendant 1 ou plusieurs journées.

Pour des raisons économiques d’abord, il est apparu évident au fil du temps qu’il était plus simple et moins cher de demander au formateur de se déplacer plutôt qu’aux stagiaires. Lorsque ceux-ci ont quand même besoin de se déplacer (pour aller dans un centre de formation à Lyon alors que l’entreprise est dans l’Ain par ex), le covoiturage est à encourager. L’empreinte carbone des stagiaires sera divisée par le nombre de passagers et les stagiaires pourront débriefer sur le chemin du retour (que ce soit sur le contenu de la formation, la couleur de la chemise du formateur, qu’importe).

 

Les formations en intra se font sur place ou dans les environs de l’entreprise pour limiter les coûts et les temps de trajet. Les formations en inter sont de plus en plus proposées dans de nombreuses villes.

Le formateur pourra aussi se poser la question de son moyen de transport : pour relier 2 grandes villes, le train  est souvent la méthode la plus rapide et écologique, et on peut fignoler sa préparation pendant le trajet… 

Et un aspect primordial des formations en France : les pauses café et déjeuners

La question peut se poser dès l’accueil : l’accueil autour d’un café/thé et de viennoiseries est toujours apprécié, il permet à ceux qui arrivent tôt de patienter, à d’autres d’émerger et de faire connaissance de manière conviviale. Mais là déjà, selon les contextes, les déchets peuvent être nombreux : dosettes de café pour machines à la mode, gobelets qui ne seront pas recyclés, touillettes en plastique… Un peu d’organisation peut diminuer le volume de la poubelle : soit en préparant le café «  à l’ancienne » dans une cafetière filtre, avec des jolies tasses, pourquoi pas au logo de votre organisme de formation, du jus de fruit en bouteille en verre d’un producteur local, soit en faisant appel à une entreprise spécialisée, type VOISIN à Lyon, qui fournit cafetière perfectionnée, café de qualité moulu ou en grains et tasses lavables. EXPRESS’EAU* va même jusqu’à valoriser le marc de café en combustible.

Sur la table, des gobelets en plastique et des bouteilles d’eau attendent les stagiaires. Il est vrai que l’on discute beaucoup, qu’on a souvent soif. Les gobelets jetables peuvent être remplacés par de simples verres en verre ou des gobelets réutilisables de type ECOCUP. Et les bouteilles d’eau par des bouteilles en verre remplies d’eau du robinet, filtrée avec un morceau de charbon si elle n’est pas très agréable.

Arrive la pause déjeuner. Pour gagner du temps, certains se font livrer un plateau-repas. Pour ma part, je considère que c’est anti-productif. La pause déjeuner comme son nom l’indique doit être une pause et certains stagiaires qui participent peu peuvent se révéler à table. Si l’environnement le permet (centre de formation en ville ou proche d’un restaurant, formation faite dans un hôtel..), sortir déjeuner au restaurant permet une vraie coupure et allègera de nouveau les poubelles.

 

Poursuivons par les supports de cours

 

Sur ce sujet, je ne suis pas à l’aise. J’aime avoir du papier, ça doit être mon côté « née avant internet », pour analyser un texte ou un graphique, je trouve cela plus facile. De même, je prends plus facilement des notes manuelles que numériques. Sur ce sujet, je pense que chacun doit faire en fonction de ses besoins, de ceux de ses stagiaires : proposer une version numérique et papier des supports, avoir du papier à disposition pour ceux qui veulent prendre des notes (mais sans pour autant fournir des blocs dont seule la première page sera gribouillée).

La question du matériel aussi peut être soulevée : nous utilisons souvent de nombreux marqueurs, feutres, post it. Se poser la question du sourcing de ce matériel et des alternatives peut déjà être un premier pas.

Et les animations ?

Nous rivalisons d’ingéniosité pour inventer des animations pédagogiques qui soient ludiques, marquantes, différenciantes.

Afin de travailler sur la perception et la mémoire kinesthésique des stagiaires ; la palette d’outils à la disposition des formateurs ressemble parfois à une mallette Montessori pour enfants de maternelle : legos, cubes, graines, pâtes, feuilles de papier, feutres.

Ce matériel est facile à trouver, peu cher et donc facile à mettre à disposition.

Par exemple, je rebondis sur une anecdote personnelle, mon mari est rentré cette semaine d’une formation : il avait dû faire le plus d’avions en papier possible pendant un temps donné (je ne me souviens plus du contexte, de l’objectif, mais là n’est pas la question) : pour ce faire, ils ont froissé quantité de papier neuf qui a fini dans la corbeille 5 minutes après et ne sera probablement pas recyclé.

Le papier est peu cher, facile à trouver, le formateur n’a pas du hésité longtemps. Pour autant, cet exercice aura généré pas mal de déchets, alors qu’il aurait pu faire le même avec du papier de récupération par exemple.

 

Comme vous l’avez compris, il n’est pas forcément évident d’arriver à une formation écoresponsable du premier coup, cela implique de se poser la question de l’impact écologique de nos choix. Cependant, avec un peu de volonté et des astuces simples, l’empreinte écologique de notre profession peut fortement baisser. Et vous, avez-vous mis en place des actions dans ce but ?

 

*https://www.expresseau.fr/nos-valeurs/#cologie–thique

Consultante formatrice en marketing et communication interculturelle, forte d’une expérience de plus de 10 ans en relation avec de nombreux pays, que ce soit en Asie, Amérique du Sud, Etats Unis ou Europe.

2 Comments

    1. Bonjour Elsa,

      Merci beaucoup pour votre commentaire. C’est un sujet d’actualité qui concerne tous les secteurs d’activité dont celui de la formation professionnelle ! Il est clair que de nombreux changements doivent être mis en oeuvre afin de baisser les déchets et la pollutions engendrés par la formation. Nous ne manquerons pas d’écrire d’autres articles sur le sujet 🙂

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