Actualité de la formation

Présidentielle 2022 : que proposent les candidats pour la formation professionnelle ?

Le secteur de la formation professionnelle figure assez rarement parmi les thématiques phares des programmes de campagnes présidentielles des candidats. Pourtant le sujet a explosé depuis la crise sanitaire en 2020 et cette année, il apparaît davantage dans les programmes. 

Si la majorité aborde le thème de la formation continue et de l’apprentissage, quelques candidats en revanche, ont fait l’impasse sur le sujet. 

Quels sont les changements pour la formation professionnelle continue au sein des programmes électoraux ? Digiformag vous propose un tour d’horizon des programmes des 12 candidats et de leurs propositions pour la formation professionnelle. 


Anne Hidalgo

Le programme électoral d’Anne Hidalgo, candidate du Parti Socialiste, aborde plusieurs fois le sujet de la formation et voici ses principaux engagements en la matière.

Des droits à la formation identiques quelle que soit la taille des entreprises

  • La candidate souhaite mettre en place un système d’œuvres sociales et culturelles mutualisées afin que les salariés des PME puissent bénéficier des avantages proposés par les grandes entreprises grâce aux CE (comités d’entreprise). 

Une assurance chômage pour faciliter la formation continue

  • Anne Hidalgo décrit au sein de son programme sa volonté de proposer aux partenaires sociaux la négociation d’une assurance chômage universelle adaptée aux besoins actuels et surtout accessible, facilitant la formation continue. 

Faciliter la formation continue dans les DOM TOM

  • Renforcer la formation professionnelle afin de permettre aux ultramarins de revenir chez eux avec des perspectives d’évolution professionnelle et d’emploi. 

Mieux former dans l’agriculture et dans l’éducation nationale

  • Afin de garantir la promotion des modes de production vertueux, la candidate souhaite investir davantage dans la formation des jeunes agriculteurs et dans la formation continue des exploitants et salariés.
  • Objectif : tripler les moyens de formation sur 5 ans.

Rétablissement d’une formation initiale complète pour les enseignants

  • Dans sa volonté de rattraper le niveau de rémunération des enseignants par rapport aux autres pays européens, Anne Hidalgo souhaite rétablir une formation initiale complète basée sur la préparation au métier, accompagnée d’une formation continue. 

Yannick Jadot

Le candidat d’Europe Écologie Les Verts propose quelques mesures pour la formation au sein de son programme. 

Mieux former dans tous les secteurs sur les enjeux climatiques

  • Mettre en place avec les conseils régionaux et les acteurs de la filière automobile, des plans de formation et de reconversion auprès des garagistes, groupes comme indépendants afin d’accompagner le déploiement de véhicules électriques.
  • Volonté de renforcer les formations des préfets et gardes-côtes concernant les enjeux environnementaux.
  • Développer la formation continue pour les chasseurs.
  • Soutien de la formation et du développement des filières de métiers sur les thématiques de la réparation et du recyclage.
  • Création d’un Fonds de Développement des Espaces Tests Agricoles regroupant les centres de formation agricole, les collectivités territoriales et les organisations agricoles. 
  • Les décideurs économiques pourront suivre un parcours de formation concernant les enjeux de la transition écologique. 

Mieux cibler les aides à la formation sur les enjeux de développement durable

  • En 2020 plus de 30 milliards d’euros ont été dépensés par l’État dans le cadre de la crise sanitaire. Yannick Jadot souhaite conditionner ces aides au respect de critères environnementaux et sociaux avec le maintien de l’emploi et la création d’emplois. 

Aider les salariés à se reconvertir

  • Accorder un droit à la reconversion pour les salariés dont les emplois sont identifiés comme “potentiellement impactés par les mutations écologiques, économiques ou industrielles” grâce à un accès à des formations certifiantes. 

Consolider le C3P

  • Le candidat d’EELV souhaite rétablir une instance dédiée à la santé au travail dans les entreprises dotées d’un CSE. L’objectif sera d’engager une négociation avec les partenaires sociaux dans le but de consolider le C3P (Compte personnel de prévention de la pénibilité) avec les droits associés et donc les droits à la formation payée pour la reconversion entre autres. 

Des droits à la formation pendant la retraite

  • Volonté d’ouvrir des droits à la formation aux personnes retraitées souhaitant s’engager dans la vie sociale et associative au service de l’intérêt général. 

Marine Le Pen

La candidate du Rassemblement National présente dans son programme une mesure phare sur l’alternance. 

  • Selon Marine Le Pen, la formation professionnelle est mal rémunérée. Elle souhaite ainsi mettre en place un chèque formation accessible à tous les 18-25 ans versé par l’État. Ce chèque correspondra à “50% de ce que coûterait la formation d’une jeune s’il était scolarisé dans une filière générale”. 
  • Pour un apprenti de 16 ans, cela représente 5 500€ équitablement partagés entre la rémunération qu’il touchera chaque mois et son entreprise d’accueil”. 
  • Pour un apprenti de 18 ans : 8 000€.
  • Hausse de 230€ de la rémunération mensuelle des moins de 18 ans et de 330€ pour les 18-25 ans qui font le choix de l’alternance, de l’apprentissage ou de la formation professionnelle. 
  • L’entreprise formatrice sera récompensée de 2 750€ ou 4 000€ chaque année pour ses actions en faveur de l’insertion professionnelle des plus jeunes. 

Jean Lassalle

Le candidat de Résistons ! évoque la formation professionnelle une seule fois dans son programme mais affiche néanmoins une mesure phare pour valoriser l’alternance et les filières professionnelles. 

Mise en oeuvre d’une formation générale et d’une formation professionnalisante avec le retour à l’apprentissage

  • Jean Lassalle souhaite développer les stages en entreprise et les enseignements permettant la découverte de matières artisanales, concrètes comme le bois, le verre, etc., dans les collèges et lycées.
  • Subventions accordées aux TPE et PMI pour favoriser l’embauche des apprentis. 
  • Les grandes entreprises seront incitées par des mesures de défiscalisation.
  • Ouverture des places en IUT et université aux élèves issus de bacs professionnels. 

Emmanuel Macron

Le candidat de La République En Marche défend un projet présidentiel axé notamment sur le plein emploi, l’éducation, la santé, la planification de la transition écologique et particulièrement l’indépendance d’une France qu’il souhaite “créative et productive”. 

Au sein de son pacte pour la production, Emmanuel Macron souhaite intensifier les efforts déjà mis en place en 2017 afin d’atteindre le plein emploi. Le candidat affirme dans son programme que le chômage a atteint son niveau le plus bas depuis 15 ans. Le taux de chômage des jeunes se situe également au plus bas depuis 40 ans.

L’apprentissage a doublé, aujourd’hui 3 millions de jeunes ont trouvé une formation ou un emploi grâce au plan “1 jeune 1 solution”. 

Le candidat En Marche souhaite pour ce second mandat, “faire de la formation une possibilité pour chacun”. Il rappelle les actions menées lors de ce mandat : 

  • Un investissement massif dans la formation afin de répondre à l’accélération technologique en adaptant les compétences.
  • L’accès à la formation continue : tous les salariés disposent dorénavant de 500€ par an sur leur CPF. En 2021, 2 millions de Français ont pu suivre une formation grâce à leur CPF.
  • Le PIC (Plan d’investissement dans les compétences) a constitué un effort de 15 milliards d’euros sur la durée du quinquennat afin d’aider les demandeurs d’emploi, les jeunes et les peu qualifiés à rebondir grâce à la formation. 

Enfin, afin de faciliter l’accès au numérique, Emmanuel Macron souhaite former avant 2030, 1 million de personnes aux métiers d’avenir (intelligence artificielle, énergie, transition écologique) dont plus de 400 000 spécialistes informatiques. Le candidat souhaite également poursuivre la modernisation du code du travail.


Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, souhaite établir une sécurité sociale professionnelle afin de permettre aux travailleurs de se former aux nouveaux outils et dernières innovations, notamment dans les cas de changements d’entreprise ou de secteur. Cette sécurité sociale aura pour but de couvrir la maladie, les accidents du travail, le chômage et elle maintiendra les droits des travailleurs tout au long de leur vie, les rendant indépendants du capital. Les salariés pourront également choisir librement leur domaine de formation et élever leurs qualifications. 

La mesure principale du programme de Jean-Luc Mélenchon concernant l’emploi : “assurer la continuité des droits personnels (à la formation, aux congés, à l’ancienneté…), hors du contrat de travail, et les transférer d’un contrat à l’autre”.

Enfin, il souhaite maintenir les revenus en cas de reconversion ou de formation, donner aux salariés le droit à 36 heures de formation par an librement utilisables et dans le domaine de leur choix. La sécurité sociale professionnelle comprendra également les périodes de stages et d’apprentissage, les congés, la formation et l’ancienneté. 


Valérie Pécresse

La candidate du parti Les Républicains, souhaite réformer l’assurance chômage en encourageant les demandeurs d’emploi à se former dans les métiers qui recrutent afin de leur permettre la conservation de leurs allocations. Valérie Pécresse exprime une “régionalisation Pôle emploi” : les régions auraient ainsi une pleine compétence en matière d’emploi et de formation professionnelle.

Elle propose également des changements concernant le RSA en exigeant aux bénéficiaires la réalisation d’une activité d’intérêt général, le suivi d’une formation ou 15 heures de travail par semaine pour l’obtention de leur allocation.

Autre point important de son programme : la volonté de rendre la formation professionnelle “plus efficace” afin de faire face à la transition écologique et digitale.   

Voici les actions proposées dans son programme : 

  • Recentrer l’utilisation des fonds collectés auprès des entreprises sur les formations dans les secteurs en tension. 
  • Recentrer le CPF sur les formations métier et non les langues ou le permis de conduire qui en concentrent 40%.
  • Confier aux régions la majeure partie des missions exercées par France compétences.
  • Assujettir toutes les aides publiques et achats de formation à des résultats en termes d’insertion dans l’emploi et de transparence sur la qualité des formations. 
  • La mise en œuvre d’un plan géré par les régions pour la reconversion des salariés et des demandeurs d’emploi afin de les orienter vers les secteurs qui recrutent. La possibilité donc de bénéficier d’une formation entièrement financée dans un secteur d’avenir. 

Philippe Poutou

Le représentant du Nouveau parti anticapitaliste, souhaite réaliser des changements ciblés concernant la formation : 

Domaine de la santé

  • Volonté de mettre en place un plan emploi formation de 100 000 hospitaliers.
  • Des formations médicales, paramédicales sous le statut de travailleur en formation”. 

Services publics

  • La mise en place d’un service public du 4e âge, en structure ou à domicile, avec du personnel formé et en nombre suffisant. Le candidat souhaite accompagner cette mesure avec un plan emploi formation de 200 000 postes.
  • Concernant le domaine de la culture : favoriser l’accès à la formation artistique et les pratiques créatives grâce à un réseau culturel public de proximité. 

Egalité des droits

  • Handicap : favoriser la formation d’éducateurs, d’AVS, d’AESH afin de développer le recrutement en milieu ordinaire ou protégé dans la scolarité. 

Fabien Roussel

Fabien Roussel, candidat du Parti Communiste Français, souhaite quant à lui “insuffler une dynamique puissante de création d’emplois, de formation et de recherche”.

Emploi et formations

  • Mise en place de “conférences permanentes pour l’emploi, la formation et la transformation écologique des productions”. Syndicats, associations, élus locaux, régionaux, nationaux et européens, patronat, banques, l’Etat, etc., les acteurs économiques et sociaux se réuniront lors de ces conférences. Leur mission : définir des objectifs immédiats et à 5 ans de création d’emplois et de formations, entre autres. 
  • Proposition auprès du Parlement d’une loi sur la sécurité de l’emploi et de la formation : “un nouveau service public unifié de l’emploi et de la formation professionnelle sera créé”. Sa mission : sécuriser l’emploi, les revenus, la formation continue et l’insertion. Ce service aura pour objectif de regrouper les services actuellement séparés du Pôle emploi, Cap emploi et des Missions locales. 
  • Fabien Roussel souhaite également faire évoluer les droits actuels à la formation afin de faciliter les reconversions et la prise de temps libre. Le candidat du PCF prévoit de relever et de déplafonner le montant du CPF et de le transformer afin qu’il devienne un outil majeur, permettant le développement de la formation pour tous. 
  • Ce nouveau service va aussi assurer “les fonctions de certification des organismes de formation et contrôler le caractère qualifiant des formations dispensées”. 

La transition écologique

  • La transition écologique est évoquée au sein de son programme : ce service public unifié de l’emploi et de la formation professionnelle proposera des parcours de formation innovants, en lien avec les conférences permanentes, le développement des nouveaux métiers avec “l’anticipation des conversions d’emplois nécessitées par la transition écologique”. 
  • Le nouveau service public proposera également aux jeunes éloignés du travail, une formation qualifiante rémunérée. La rémunération s’effectuera au niveau du revenu étudiant et la formation délivrée devra déboucher sur un emploi.
  • Enfin, Fabien Roussel souhaite renforcer les moyens de l’Afpa (Agence pour la formation professionnelle des adultes) et des Greta (Groupements d’établissements de l’Education nationale). 

La semaine de travail passera à 32 heures, sans diminution des salaires”.

  • Le candidat appuie une fois de plus la formation dans son programme au sein de cette mesure permettant de dégager du temps de formation et du temps libre. 

L’ensemble des aides publiques aux entreprises sera conditionné à l’embauche de jeunes en contrat à durée indéterminée (CDI) et à la formation professionnelle”. 

  • Les grandes et moyennes entreprises devront réserver 10% de leurs nouvelles embauches aux jeunes de moins de 25 ans. 

Fabien Roussel souhaite construire un système de sécurité de l’emploi et de la formation en rendant “effectif le droit universel à l’emploi”. Pour ceci, “un fonds national et des fonds régionaux pour l’emploi et la formation seront créés”. 

  • Bras financier des conférences pour l’emploi et la formation, la mission de ces fonds sera l’obtention des accords de crédits des projets de développement de l’emploi de la part des banques, avec des taux d’intérêts réduits selon le respect des critères. 

Eric Zemmour

Eric Zemmour ne se prononce pas énormément concernant la formation professionnelle, il souhaite plutôt accentuer des efforts pour “un retour à l’excellence de l’école française” en proposant entre autres, des formations de haut niveau pour les enseignants. 

Pour les plus jeunes, le candidat de la Reconquête souhaite développer davantage l’apprentissage et la formation en revalorisant notamment les métiers manuels et les formations professionnelles en créant des Campus Régionaux de la Formation Professionnelle regroupant des jeunes désirant se former aux métiers adaptés aux besoins des entreprises locales. 

Il souhaite également former la jeunesse à la restauration du patrimoine dans un objectif de sauvegarde par la création de Maisons des Compagnons du Devoir au sein de chaque département. Il propose aussi de faciliter la scolarité des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire, en formant 50 000 AESH supplémentaires. 

Ensuite, concernant le secteur de l’agriculture, Eric Zemmour souhaite favoriser le renouvellement des générations d’agriculteurs en proposant notamment des formations.

Au niveau du domaine de la santé, le candidat souhaite doubler les capacités de formation des médecins et des professionnels de santé en 5 ans. Son objectif est de rebâtir l’hôpital public au niveau national grâce au recrutement de personnels dédiés et “au doublement des capacités de formation des médecins et des professionnels de santé”. 

Finalement, dans son plan d’économies, figure la “réduction des dépenses d’intervention en matière de formation et d’insertion”. L’objectif de ce plan est de réduire les dépenses de l’Etat à hauteur de 15 milliards d’euros par an à horizon 2027.


En conclusion, parmi toutes ces mesures et propositions, lesquelles vous conviendraient ? Trouvez-vous que la formation professionnelle est souvent abordée dans les programmes des candidats ? Qu’imaginez-vous pour la suite ? 

 

Les propos cités dans cet article sont directement tirés des programmes des candidats à la présidentielle 2022. 

Julia Rapini

Julia accompagne la gestion éditoriale de Digiformag et prête sa plume pour les différents projets de Digiforma. Avec plusieurs membres de l’équipe, elle use de techniques webmarketing afin d’assurer à Digiforma une présence sur le web.

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